C’est chaud la Bretagne !

La Bretagne est reconnue pour son temps humide, ses cultures d’ognons, ses pommiers à cidre… Mais certainement pas pour ses grandes voies et ses sites d’escalade. Et pourtant…

C’est parti, nous voilà sans enfant, en Bretagne, avec le van prêt à nous accompagner. Après avoir pris quelques jours de plaisirs alpins à Chamonix pour Lilian (Il y a le soleil, les étoiles et la neige !) et une traversée de la France avec ArnO’ pour Sophie et les enfants (article par ici La Bretagne décousue), nous voici tous deux sur les routes bretonnes sans destination précise, mais avec l’envie de faire rimer vanlife avec escalade. Nous avons dans le coffre nos affaires et dans les tiroirs du van les topos du coin.

A ceux qui nous diraient que les sites d’escalade ne courent pas les rues en Bretagne, qu’ils sont anecdotiques… Ils se trompent. Et cela fait bien longtemps que nous savons qu’il y a de magnifiques petits endroits à grimper.

Du coup, fort de ce choix multiple, nous préparons notre chemin et décidons de nous arrêter sur le plus de sites possible. Voici un extrait de notre carte de voyage de l’été. Ayant passé un grand moment en famille, nous avons beaucoup visité au départ de notre point de chute breton, en plus de notre Van Tour entre adultes. C’est pour cela que quelques zig-zag apparaissent sur la carte.

Etant du côté de Plestin Les Grèves, c’est tout naturellement que nous prenons la route du premier lieu de grimpe, la pointe de Primel. Nous voici en amoureux avant le coucher du soleil pour une séance varappe au-dessus de l’eau sur les secteurs Siesta Latina et Défonce Granitique pour des voies faciles mais très belles dans le 4 et le 5.

Le soir-même nous reprenons la route le long de la côte en direction de Brest et en passant la nuit au bord de la mer à côté de Kersauzon.

Le lendemain, direction les rochers de l’Imperator et de l’Impératrice à côté de Brest, en face, pour être plus précis. C’est le gros bloc de rocher que l’on voit sur la gauche en empruntant le pont de la N165 enjambant la rade en direction de Plougastel Daoulas. Nous en profitons rapidement pour faire un saut dans le village de Plougastel-Daoulas, histoire de trouver un Office du Tourisme pour acheter un topo escalade. C’est peine perdue, mais faisons tout de même le plein de fruits et de photos.

Les anciens disent le rocher de l’Impératrice, d’autres parlerons du Rocher Noel. A vous de voir. Nous débuterons par des voies plutôt simples sur le secteur Initiation avec Vas’y voir niveau 4, Gruyères en 4+ et Babar en 5. C’est l’heure du repas. La pause de midi se fera sur le haut du rocher que nous gravirons en passant par l’arrière à pied sans difficulté.

Puis passons un très agréable moment sur le secteur Feuilles Mortes.

C’est vraiment notre coup de cœur sur ce secteur. Belle, de bonnes prises, une ligne esthétique, longue… Nous décalons les cordes et passons sur le secteur du bas, un secteur plus ancien avec des voies longues. Nous jetons notre dévolu sur J’y va Ty en deux longueurs.

J’y va t’y qui se dit « engagé » sur le topo en deux longueurs L1 niveau 4+ et L2 niveau 4 c’est effectivement engagé, et franchement moins agréable que les belles Feuilles Mortes.

Nous quittons le secteur pour prendre le frais au bord de la mer… non c’est une blague, on est certes en plein été mais il ne fait pas trop chaud en ce jour. Mais juste avant, nous allons faire un petit détour au cœur de Landerneau. Une visite rapide, mais qui vaut la peine.

Comme nous sommes sur le secteur de Plougastel-Daoulas, nous prenons un bout de route vers la grève de Kerdreïn. Un bien bel endroit sans personne autour de nous. Nous sommes fans, avec les lumières de Brest en face de nous. Nous y passerons la nuit.

Après avoir rencontré un couple de retraités qui passe une grande partie de son été en mobil-home dans un champ juste à côté… nous discutons du cadre splendide de leur villégiature. Ils nous avouent habiter à 40 km de là de l’autre côté de Brest et avoir trouvé dans ce lieu un espace de dépaysement total.

Nous reprenons la route, notre nouveau spot de grimpe sera la Mecque de la grimpe bretonne, la Pointe de Pen Hir sur la presqu’ile de Crozon. Nous avançons par Argol dans la presqu’ile, mais ne nous arrêtons pas sur ce site de grimpe et poursuivons vers Crozon et Camaret sur Mer. Une courte pause à Crozon pour trouver le topo du coin à l’office du tourisme. J’avais déjà un vieux topo, mais les nouvelles voies n’étaient pas dedans. A gauche après la sortie du village, nous voici à Pen Hir. Très rapidement, sac sur le dos, nous prenons la direction de la pointe, haut lieu de la grimpe bretonne.

Nous étions déjà venus faire une ou deux voies sur un secteur initiation il y a quelques années, mais n’avions jamais pris le temps de parcourir les différentes zones du site. En guise d’échauffement et de séance découverte, nous jetons notre dévolu sur le secteur du Men Hir à droite du parking. Descente en rappel pour rejoindre l’attaque des voies. Un joli coin avec des couennes d’une longueur au-dessus de la mer.

Nous prendrons beaucoup de plaisir sur Va prendre l’air en 5a et Préchauffage en 5a aussi. Je regretterai plus tard de ne pas avoir fait sur l’autre face du rocher La rampe en 5b. Mais ce n’est que partie remise.

Attention, il faut bien emprunter la descente en rappel et le retour par le même chemin. Ne pas déambuler dans la lande au risque de déranger la flore et de piétiner la faune.

Après une remontée en deux courtes longueurs faciles niveau 3+ ou 4, nous remontons pour passer la nuit un peu plus loin dans les terres.

Le lendemain, c’est une belle journée qui s’annonce. Avec un beau programme. Nous attaquons par Funambule sur le secteur La Grotte. C’est une voie de plusieurs longueurs que nous atteignons en descendant dans un petit cirque. Attention : l’attaque est sujette aux marées. Bien vérifier avant de se lancer.

Un très beau voyage au-dessus de la mer en 5 longueurs, L1-4+, L2-5, L3-4+, L4-4+ et L5-5, le tout particulièrement bien équipé. Pas de problème, les points sont là, même peut-être un peu trop présents. Un beau voyage, avec vue plongeante sur la mer. Le relais R2 est inconfortable à souhait, mais bien gazeux au-dessus des vagues. La voie équipée en 2017 s’offre même le luxe d’un petit mur raide sur la fin. Belle sortie en haut sur le plateau au milieu des touristes.

Après une courte pause repas, nous lançons à nouveau nos cordes pour un rappel de presque 50m et un atterrissage sur une vire à peine plus haute que le niveau de la mer. Nous voici à l’attaque de Balade sur le Fil. Un joli parcours de 3 longueurs L1-5a, L2-5a et L3-4b. Ce n’est pas très dur, mais très joli, avec une petite arête qu’il faut chevaucher… Sur le fil qu’ils disaient.

C’est déjà l’heure de retourner au spot pour le dodo, nous décidons de nous poser au même endroit que la veille en passant par le cimetière de Camaret pour remplir nos réserves d’eau (j’ai en tête de vous faire prochainement un article sur l’eau en van mais aussi en Trek… un peu de patience). Bon OK, on en profite aussi pour visiter ce joli village de Camaret.

Pour ceux qui connaissent le Festival du bout du monde (oui à une époque ou nous avions encore ce genre de choses). Et bien notre dodo est presque à côté. Ne pas se fier aux indications P4N. Le parking est pas top pour une nuit.

Le lendemain, nous avons beaucoup hésité. Ayant rejoint Sophie en train, je n’avais pas pris tout mon équipement de grimpe. Il me manquait des coinceurs qui auraient été bien utiles pour s’essayer sur la Traversée des trois pointes. Une belle voie horizontale (ou presque, il y a trois ascensions à faire) en cotation 4+ mais qui est sur un secteur aventure, c’est-à-dire sans franchement d’équipement en place, il faut poser ses protections en avançant. Je n’ai pas pris avec moi les coinceurs et mon volume de sangles est limité. J’ai bien regardé les magasins de sport dans le coin, mais cela ne court pas les rues. Il y en a un pourtant qui propose un rayon escalade à Crozon, c’est Image In (lien ici). Il n’est pas très loin de l’office du tourisme. Il propose un vaste choix en rando et carte IGN Top 25. Il dispose aussi d’articles de grimpe, baudriers, dégaines… Mais n’avait à ce moment-là que des coinceurs câblés BD… Ce n’est pas grave, j’en ai pris un jeu, nous verrons bien. Attention, c’est vraiment le seul magasin du coin, il faut se rendre sur Quimper ou Brest sinon. Mais à Brest, ce ne sont que de grandes enseignes de sport, pas forcément fournies en ce genre de matériel. Nous changeons notre programme et relançons nos cordes de rappel sur le secteur de La grande paroi pour Sortie des Artistes.

Après une très belle descente en fil d’araignée de 50m, nous voici à nouveau au bord de l’eau… avec une angoisse, sommes-nous descendus au bon endroit ? Les voies dures ne sont pas très loin… et avec ce genre de technique de descente, il faut remonter. Pas d’échappatoire possible que de gravir à nouveau la paroi pour atteindre le haut. En plus, il ne faut pas se tromper sur les heures de marée, L1 n’est pas accessible à marée haute. Je regarde à nouveau le topo, nous sommes bien. C’est parti pour Sortie des Artistes en 3 longueurs, L1-4c, L2-4c et L3-5a.

Durant l’ascension de Sophie, un monsieur de passage s’est arrêté pour me demander l’autorisation de me prendre en photo. J’ai accepté, il n’était pas grimpeur et posait beaucoup de questions. Surprise 5 minutes plus tard quand il est revenu avec 2 véritables Polaroid de sortie de voie. Trop classe !

Là encore, une belle envolée au-dessus de la mer. Nous arrivons en haut de la grande falaise au milieu des touristes et de quelques rares grimpeurs. Notre matériel sur le dos dénote avec les shorts et tongs des autres personnes. Nous prenons le temps de manger un bout au soleil, oui oui vous avez bien entendu : au soleil. Nous sommes à l’abri du vent sur le secteur Dalle à Paul. Nous grimpons aussi un peu avec, entre autres, cette magnifique Arête Sud en cotation 5b, avec un beau coup de cul à donner sur le départ et un parcours presque au-dessus du vide.

Un chouette endroit avec du soleil et pas de vent. Du bonheur cette Dalle à Paul. Mais il est déjà temps de partir. Le sommet de la Bretagne nous attend. Ce soir nous dormons dans les Monts d’Arrée à côté du Mont Saint-Michel de Brasparts.

Après une chouette nuit sur les hauteurs, direction Quimper pour une visite, puis Pont Aven et Pontivy.

Pour les photos, voici dans l’ordre de passage des sites de visites, mais pas forcement dans le sens de la visite…


Quimper :


Pont Aven:


Pontivy:

A la recherche d’un spot pour la nuit nous remontons en direction du lac de Guerledans. J’avais eu la bonne idée de commander en passant un plateau de fruits de mer dans une poissonnerie de Pont Aven avant de partir. Nous voici donc au bord du lac pour savourer ce petit plat.

La suite de la soirée sera un peu plus cocasse, nous ne pouvons dormir à cet endroit et les night spot référencés sur les applications sont déjà pris d’assaut. Nous roulerons jusque tard pour finir sur l’herbe à Plouguenast-Langast, Le Vieux Bourg, un petit champ juste à côté d’une chapelle. L’endroit est indiqué, sur les applications, comme un point de chute possible pour une nuit. Nous n’avons pas été dérangés de la courte nuit que nous y avons passée. Le lendemain matin, petit tour de la chapelle.

Et nous reprenons la route pour atterrir presque par hasard à Moncontour. Une petite bourgade médiévale pas très loin de Lamballe. Nous voulions prendre notre petit dej, nous avons passé la matinée à visiter les ruelles à pied. Nous avons suivi les marques au sol, la légende raconte que c’est Antoine le Ménestrel qui nous guide sur les pavés… de jeux de mots en jeux de mots, nous avons suivi Kevin le bassiste métaleux. Il ne faut pas chercher à comprendre je crois.

Heureux de cette découverte, nous prenons la direction d’Erquy pour découvrir un petit spot de grimpe dans un très beau cadre.

Après une courte pause à l’office du tourisme pour le topo et quelques explications, nous voici sur le lieudit Les Lacs Bleus. Un endroit qui fait penser au sud. Pas du tout le type de paysage auquel on s’attend en Bretagne.

Nous reprenons la route, en profitant du coin pour faire un saut de puce au Cap Frehel. Nous cherchons bien un parking gratuit le long de la route, mais les choses sont bien faites en Bretagne, pas de parking, il faut se garer sur l’espace dédié et payant. Ce n’est pas grave… Nous voulons aller au Cap.

Nous irons aussi en haut du phare pour l’occasion, là aussi c’est payant.

La vue est belle, l’endroit est apaisant. Nous nous sentons bien, mais il est déjà l’heure de prendre la route pour trouver un endroit pour le soir. Un nom nous saute aux yeux sur la carte, une promesse d’un cadre idyllique… Une sorte de chimère tropézienne. Allons à la Grève du Minieu sur la plage de Sables-d’Or-les-Pins. Je vous l’avais dit, que ça en jetait comme nom. Et il n’y a pas que le nom qui est classe, c’est tout l’endroit qui fait rêver. Très longue plage de sable blanc fin. Peu de monde. Un coucher de soleil digne d’un film.

Après une courte baignade pour moi et un bon repas sur la plage, nous avons décidé de dormir là, sur le bord de la route en cul de sac. Nous ne sommes pas les seuls. Devant et derrière nous : des vans à la chaine. Pourtant le lieu est calme.

Les deux vans devant nous appartiennent à une même famille. Ils sont 5 à dormir là ce soir. Ils sont du secteur et voulaient aussi profiter de la plage avec les petits. Nous discuterons un peu et puis place au dodo avec le bruit des vagues en fond sonore.

Le lendemain, au réveil, nous échangeons quelques mots en faux anglais avec un petit couple de Tchèques venus faire le tour de France avec comme seule voiture et couchage une Audi A4.

C’est déjà la fin de ce petit périple en amoureux sur les côtes bretonnes. Nous rejoindrons la famille pour une dernière nuit avant de revenir chez nous avec les enfants, en traversant la France (lien vers le périple de l’été en famille à venir).

Nous profitons du jardin de la maison de famille pour faire le point sur ArnO : rangement, ménage, une dernière douche sur l’herbe. Oui je sais : il y a des douches dans la maison, mais là, il fait beau, l’air est chaud, la douche solaire a bien fonctionné, profitons-en.


Voici deux ou trois liens utiles pour compléter.

Site topo en ligne Primel Attention, il y a des mises à jour sur ce document.

Site topo en ligne Impératrice/Rocher Noël .

Site topo en ligne Pen Hir avec les voies Sortie des Artistes, Sur le Fil et Funambule. Krimpadenn ou CampToCamp

Site Escalade22 avec carte dans les Côtes d’Armor.

Site d’escalade dans le Finistère avec Krimpaden .

Concernant les topos, nous vous mettons en lien des sites qui proposent des extraits ou des parties de topo. Le mieux étant évidemment d’aller acheter le bouquin pour soutenir les clubs et équipeurs dans leurs démarches.

Lien vers l’office du tourisme de Moncontour et de Erquy https://www.capderquy-valandre.com/moncontour ou https://www.capderquy-valandre.com/erquy . Ils ont le topo d’escalade à Erquy.

Lien vers l’office du tourisme de Crozon ICI, ils ont le topo de Pen Hir en vente.

Lien vers l’office du tourisme de Plougasnou PAR LA  ils ont le topo de la presqu’ile de Primel-Tregastel en vente.

Lien vers la page FB du magasin de sport Image In de Crozon Image’In

Lien vers l’application Park4Night pour trouver des night spot. https://park4night.com/


Nous espérons que ce récit vous aura plu, autant que nous avons apprécié le vivre et vous le raconter. N’hésitez pas à commenter et à liker cet article.

2 commentaires sur “C’est chaud la Bretagne !

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