Jamais sans mon H2O

Il n’est pas question de partir au fin fond de la montagne sans une goutte d’eau. Et pourtant trouver de l’eau potable n’est pas une chose évidente. Il est encore plus délicat de la rendre potable au milieu de nulle part…

Eh oui, au risque de vous rappeler certains lointains cours de sciences, la formule chimique de l’eau est H2O. Un atome d’oxygène relié à deux atomes d’hydrogène.

Si pour nous, avoir en abondance de l’eau potable un peu partout, au robinet, sous la douche, dans les WC est une chose presque normale… ce n’est pas une généralité à travers le monde, en montagne, dans les endroits arides. L’eau n’est pas toujours présente et encore moins de bonne qualité. Sans parler des milliers de morts chaque année par manque d’accès à l’eau potable.

Nous pratiquons depuis plus de 10 ans les treks en itinérance et depuis 2017, la vanlife avec ArnO. Cette question de la disponibilité de l’eau est donc récurante dans nos virées.

Même chez nous, à la maison, la question de la disponibilité de l’eau est fréquente. En plus de faire attention à notre consommation d’eau courante, nous avons deux récupérateurs au jardin pour ne pas abuser de l’eau du robinet, nous réduisons notre consommation dans les WC en ayant des toilettes sèches (Lien vers Mon caca à moi) et nous avons également depuis un an aujourd’hui un filtre céramique par gravité qui nous permet d’utiliser l’eau de la fontaine du village pour notre consommation (Nous vous mettons un lien vers le site vendeur en bas de page).

Cet ensemble d’actions ne nous permet pas d’être 100% autonomes en eau, loin de là, mais nous faisons notre petit bout de chemin.

Lors de nos premières randos en montagne sur plusieurs jours, nous avions, comme beaucoup, des pastilles purifiantes. Celles qui demandent une pastille pour un litre d’eau. C’était une solution facile et pratique… rapide lors du remplissage des gourdes.

Il est rare, mais pas impossible, de trouver des sources d’eau, en pleine nature, avec un robinet, une tasse et un petit panneau qui dit d’en profiter. Nous en avons tout de même retrouvé une en remontant vers le col Bouchet côté italien dans le Queyras (Le lien vers l’article Petite virée dans le Queyras)

Les pastilles et autres solutions chimiques, c’est donc facile, mais pas sans quelques désagréments. Nous avons presque tous dans nos sacs à dos des poches à eau qui ne font pas juste un litre. Il fallait avoir des gourdes transitoires ou alors mettre plusieurs pastilles dans une même poche à eau.

Au bout de plusieurs jours et pour encore de nombreuses journées à notre retour, nous avions systématiquement des problèmes ou des gènes au niveau de la faune intestinale. Il est difficile de penser que si un produit est capable de tuer des bactéries ou des microbes dans notre bouteille, il n’est pas en mesure de faire quelques dégâts dans notre corps en passant.

Avec le temps, nous avons commencé à faire attention à nos points de prise d’eau. Si nous étions en hauteur, avec la garantie de ne pas avoir de troupeaux au-dessus de nous, nous ne mettions pas de pastilles… puis nous avons utilisé une pastille pour deux litres, voire pour trois litres d’eau. Cela tombe bien, ma poche d’eau dans le sac à dos fait trois litres. Nous avons aussi destiné nos gourdes. En priorisant une gourde avec traitement pour la consommation directe puis une autre sans traitement pour l’eau de cuisson ou de vaisselle. Certains ont essayé de faire bouillir l’eau, mais cette solution est très consommatrice en gaz… Car, comme souvent en montagne, le feu de camp n’est pas possible (parcs, réserves…).

Mais là encore, au retour, certains d’entre nous avaient encore des gènes ou des réactions du corps à l’utilisation de ces pastilles sur plusieurs jours. Que dire aussi de notre pipi et notre caca dans ces conditions ? Ce que nous buvons, nous le ressortons d’une façon ou d’une autre. Il est difficile de penser dans ces conditions que nos déjections sont saines. Là aussi, vous pouvez aller faire un tour sur notre article Mon caca à moi.

Attention, je ne vous dis pas de ne pas traiter l’eau… ou qu’il est sans risque de consommer de l’eau d’un ruisseau en altitude. Il faut prendre la mesure de ce que vous vous apprêtez à faire et évaluer les risques. Agissez en fonction de vos connaissances et de vos savoirs. Ce qui, d’ailleurs, est une doctrine valable pour un peu tout en montagne.

Alors comme beaucoup, nous avons commencé à faire des recherches. A lire avec attention les articles de voyageurs natures, les récits de Bushcraft, les écolos invétérés comme nous… A ce moment (nous devons être en 2011) il n’y avait pas forcément l’offre technique que nous pouvons trouver aujourd’hui, avec des pailles, des gourdes auto filtrantes… il existait déjà pas mal de choses, on ne peut pas le nier, mais souvent chères ou pas adaptées à la rando itinérante. Sur certains sites de rando vélo, nous avions trouvé des conseils pour l’utilisation d’extraits de pépins de pamplemousse, ou des produits naturels.

Si vous cherchez des infos sur les différents moyens de traiter l’eau, je vous invite à parcourir deux blogs de voyageurs qui sont plutôt bien faits (les blogs, pas les voyageurs hein) :

  • Le site de Randonner Malin sur sa page Quel système choisir pour purifier l’eau en randonnée ICI.
  • Le site Un tour dans le sac sur sa page Filtrer l’eau voyage LA.

Ces deux blogueurs vous proposent des comparatifs et explications bien faits. Il ne me sert à rien de les recopier ici… autant mettre en avant leurs travaux.

Avant d’aller plus loin, pourquoi est-ce si important de filtrer ? Filtrer l’eau que nous buvons est le seul moyen de lutter efficacement contre les risques de maladie en voyage ou rando. De façon générale, les filtres du commerce ont une capacité allant de 0,1 à 0,3 micros. Dans la plupart des cas, un filtre avec un diamètre inférieur à 0,3 microns est largement suffisant, car il permet de capter la plupart des bactéries.

Pour rappel ; Les Salmonelle, Cholérae et autre E.Coli (de la famille des bactéries) ont une taille allant de 0,2 à 5 microns. Les Giardia et autres Entamoeba histolytica (de la famille des Protozoaires qui attaquent le système digestif) ont une taille comprise entre 1 à 15 microns. Pour les particules de terre de sable ou de vase, la fourchette est grande : entre 0,001 à plus de 100 microns.

Comme je vous le disais plus haut, nous avons à la maison un système de filtration par gravitée. Les deux cartouches de filtrage que nous avons sont des British Berkefeld ATC avec une capacité de 1500 litres de filtration pour seuil de filtration à 0,2 micros. Ce qui est parfait pour le chlore, les métaux lourds, les bactéries, certains résidus de médicaments et certains produits chimiques.

Revenons à nos moutons au plutôt nos gourdes. Pour nos treks et nos randos en autonomie, nous étions prêts à prendre avec nous une pompe. C’est ce qui ressortait alors de nos analyses et de nos recherches. Mais laquelle ? Il en existe de nombreux modèles : celle par filtration directe, par filtration gravitaire, les pailles, les gourdes…

Pour les plus courageux ou les plus aventuriers, il est possible de se faire son propre filtre « maison ». Notre fiston Emilian en avait fabriqué un sur les conseil de son mentor Mike Horn. Je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais nous n’avons pas essayé de boire l’eau qu’il avait produite ce jour là.

Pour aller plus loin dans la démarche, vous pouvez fabriquer vous même un filtre plutôt efficace avec le schéma suivant :

Nous ne voulions pas que chacun ait un équipement à porter, nous avons l’habitude de mutualiser les efforts et le portage. Nous étions partis sur deux modèles de pompes à main. Une de la marque MSR et la seconde dela marque Katadyn.

A ce moment-là, pour essayer, j’avais déjà à la maison une gourde personnelle avec filtre, de celle où vous pompez en aspirant pour filtrer.

C’était une Katadyn MyBottle. Je dis c’était, parce qu’un jour… Pfff plus là. Impossible de remettre la main dessus. Perdue à jamais.

Cette gourde-là propose une filtration de 0,3 microns, avec un filtre ayant 100 litres d’autonomie. La capacité sans le filtre était de 800ml, 560ml avec le filtre. Le poids de la gourde avec le filtre était de 260 grammes. J’étais content de ce produit, avec le petit bec pour boire. Très bien pour nos balades à la journée. Confortable à l’utilisation, au remplissage. Il fallait aspirer un peu pour boire l’eau, mais cela n’était pas plus choquant que cela. Mais cela ne semblait pas convenir pour notre utilisation en groupe. Nous randonnions régulièrement à 4, 6 voire 8 personnes en autonomie. Si chacun devait porter sa propre gourde, le poids supplémentaire dans nos sacs était de 1,5 kg (pour 6 personnes). Et la capacité de boisson n’était alors que de 0.5 litre par gourde, demandant un remplissage supplémentaire en journée. Certains se satisferont de cette contrainte, et je peux parfaitement le comprendre. Ce n’est pas l’orientation que je voulais prendre à ce moment-là. Mais je savais que la filtration était quelque chose qui fonctionnait et que je pouvais m’orienter là-dessus.

Pour une de nos sorties, une amie nous a proposé de nous prêter son filtre. Elle rentrait d’un voyage à l’étranger et n’avait plus besoin de la sienne à ce moment. Nous avions alors utilisé ce filtre sur une semaine pour faire un test. C’était une MSR MiniWorks.

Convaincus par ce produit, nous avons acheté la même. A l’époque une centaine d’euros. Le prix aujourd’hui varie de 95 à 120€ suivant les enseignes de vente (si vous cherchez un magasin de vente en ligne avec des passionnés derrière, j’ai une adresse à vous donner en fin de page). Son poids de 456g était un atout sur les concurrentes à ce moment. Elle a une capacité de filtration d’un litre par minute. Son filtre est céramique avec un indice de porosité de 0,2 micros. Le filtre est changeable et il est donné pour environ 2000 litres.

Nous avons vadrouillé un moment avec celle-ci. Dans le Queyras, en Vanoise, les Dolomites… Mais il est vrai, n’avons jamais eu à utiliser la pompe sur des destinations plus exotiques.

Avec le recul sur cette utilisation, dans le cas de groupe de plusieurs personnes avec un seul élément filtrant à disposition, je passerais aujourd’hui sur la concurrente. La Katadyn Vario. Pourquoi ? Elles ont la même fourchette de prix. La Vario ne pèse que 425g (légèrement moins que la MSR), son filtre est aussi de 0,2 microns pour 2000 litres. Mais surtout elle propose un débit de 2 litres à la minute. Et quand il faut passer de quoi alimenter 3, 4 ou 5 poches à eau de deux ou trois litres… le temps à consacrer à cela n’est pas le même.

Depuis que nous filtrons, nous n’utilisons quasiment plus de pastille chimique. Nous en avons toujours une plaquette dans la trousse de secours au cas où, mais les utilisations sont très rares. Et surtout, depuis que nous utilisons les filtres, nous n’avons plus jamais eu de retour intestinaux délicats en revenant de trek.


Voici une série de liens qui peut vous intéresser:

Lien vers le site marchand de SLE au rayon hydratation ICI. Ce sont des gars bien, dans une petite boutique à Belfort. Ils sont deux, ils connaissent la montagne et la rando, ils vendent à distance aussi sur le site internet de la boutique Sports Loisirs Équipements.

Lien vers un site de matériel BushCraft OU LA.

La boutique en ligne AQUA-TECHNIQUE où nous avons acheté notre filtre domestique c’est ICI

Randonner Malin sur sa page Quel système choisir pour purifier l’eau en randonnée Randonner Malin.

Un tour dans le sac sur sa page Filtrer l’eau voyage Un tour dans le sac.


En espérant que ces quelques lignes vous aurons plu. Ne pas hésiter à Commenter et à Partager.

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