Noja ou Noja pas ?

Une nouvelle aventure vient remplir notre petite liste de baroude. Nous avons à nouveau profité d’Arno pour aller faire un coucou au soleil en cette période hivernale. Un premier projet nous entraînait vers l’Ile d’Elbe… Finalement la météo incertaine en Italie nous a gentiment dirigés vers le nord de l’Espagne. Le Pays Basque Espagnol, Cantabrie, les Asturies, pourquoi pas la Galice ? Un bout de chemin encore jamais réalisé.

Un périple qui va d’abord nous entraîner sur les plages des Landes, avant de côtoyer la côte sauvage et découpée du Pays Basque espagnol, la verdure de la Cantabrie. Attachez vos ceintures, bienvenue à bord.

A nouveau, en cette période hivernale, comme nous l’avions déjà remarqué en Sardaigne l’hiver dernier ou sous le soleil d’Alicante il y a deux ans, les côtes du golfe de Gascogne sont bien peu peuplées.

NOJA ok

Seuls ?

C’est une des sensations qui se dégage de ce voyage. Seuls ! Quasi personne sur nos spotnights. Très peu de monde autour de nous la nuit, très peu de restaurants ou de magasins ouverts en journée. Pas un seul camping ouvert sur notre parcours, d’où une recherche un peu désagréable le 31 décembre. Et pourtant, du monde sur les gros lieux de visite. Une foule étonnante sur la Dune du Pilat, à la chapelle de Gaztelugate ou encore dans le parc d’attraction improbable du Monté Idalgo à San Sebastian.

Montez à bord d’Arno, nous voici prêts pour un nouveau départ.

Après 817 Km de route sous la pluie et le brouillard, notre virée vers le soleil semble mal embarquée. Le soir et surtout la nuit toquant aux vitres d’Arno, il est temps de trouver refuge. C’est entre Libourne et Saint Vincent de Paul que nous nous lovons au bord d’un méandre de la Dordogne. Première nuit pas trop fraîche et premier matin sous le soleil.

Pour la petite histoire, le chargement du van est toujours un moment délicat. Que mettre au premier plan dans les tiroirs?  Que privilégier comme affaires ? Prendre des produits frais ou des produit en bocaux ? Cette fois, nous avions fait le plein de légumineux, de bocaux et de produit préparés « maison ». En guise de premier repas nous avions projeté une sorte de pâtes bolognaise sauce aubergine avec fromage. C’était sans compter sur les pots maison de compote de pomme dans un bocal d’aubergine. Voici les première pâtes à la compote chaude !

Profitant de ce beau temps, nous poussons la balade jusqu’à la réserve ornithologique du Teich. Ce n’est pas pour plaire à l’ensemble de l’équipage… Disons qu’au moins 50% des participants sont contents d’être là. N’arrivant pas à rejoindre le bout de la balade aménagée donnant sur le bassin d’Arcachon, nous faisons demi-tour et retournons à bord d’Arno. Attention pour les touristes naturalistes, la visite de la réserve est payante.

Après une courte traversée d’Arcachon (histoire de voir le bassin) nous voici au pied de la dune du Pilat. Véritable montagne de sable au-dessus de la mer. Les guides touristiques la présentent comme la plus haute d’Europe, nous avons voulu nous en rendre compte à coup de pied dans un sable fuyant… Nous n’étions pas les seuls sur place.

106 m de haut, près de 3 km de long, 40 siècles d’histoire et des millions de m3 de sable. Cette étrange bande de sable entre mer et forêt est vivante et mystérieuse.  Elle se déplace chaque année de plusieurs mètres vers l’intérieur des terres.

Le soir arrivant très vite, nous faisons cap vers Biscarrosse, capitale de l’hydravion et spot de surf de renom. Nous posons Arno sous les pins à plusieurs centaines de mètres de la mer… Nous percevons tout de même très bien le bruit sourd des énormes rouleaux de vagues se déchirant sur un sable de plage paradisiaque.

Nouvelle journée de voyage. Enfin nous quittons la France pour entrer en Espagne par Saint Jean de Luz et Hendaye. Nous voici au-dessus du phare Higuer. Sur ce petit bout de rocher, la France est de l’autre côté de la baie. C’est ici que débute le GR11, le pendant espagnol du GR10 en France. Avec ses 850 km, il vous entraîne de l’autre côté des Pyrénées vers la Méditerranée.

On profite de l’après-midi pour se poser sur une plage presque déserte. Allant même jusqu’à visiter le centre ville d’Hondarribia, petite pépite colorée et médiévale, avec son centre historique escarpé et ses petites maisons de pêcheurs aux façades vives.

Puis chemin faisant, nous essayons de trouver un point de chute pour la nuit. Cette magnifique route de crête au-dessus de l’eau entre Hondarribia et San Sebastian semble toute prédisposée à nous offrir un bivouac sans pareil… ce n’était pas sans compter le manque de place en bord de route et le manque de spotnight le long du chemin… Nous voici donc en un claquement de doigts sur les hauteurs d’Ondarroa, 100 km plus loin, l’un des plus importants ports de pêche de la côte Basque. Un lieu insolite au bord d’une ferme, avec somme toute une vue au petit matin bien sympathique. Pour rester discrets et ne pas gêner le lieu d’accueil de la nuit, nous irons un peu plus loin prendre le petit déjeuner, face au soleil et la mer. Nous voici au Faro de Santa Catalina. Un mélange de bar huppé pour touristes et de vieilles fortifications. L’endroit est fermé. Nous nous posons tout de même.

Après cette petite aventure de la veille, nous poursuivons le chemin avec l’envie de profiter d’un bel endroit au bord de la mer sous un soleil radieux. Les recherches s’intensifient en poursuivant notre route sur une côte verdoyante et déchirée pour atterrir sans conviction vers la Playa de Laga. Quelle surprise ! Un délice, une pépite que se gardent jalousement les surfeurs habitués des lieux. Une plage magnifique, un sable (presque) chaud, des roches à couper le souffle et un ensemble qui forme un paysage hors du commun. Nous voulions faire une pause pour manger. Nous avons joué, nagé, fait des châteaux de sable, pris une douche dans une rivière et surtout profité de ce lieu magique en y passant presque toute la journée.

La journée avançant inexorablement, l’heure de la reprise arrivant, nous voici en quête d’un nouvel eden pour la nuit, mais avant, une envie : celle de visiter Gernika. Cette ville au nom déjà entendu, mais sans véritable emplacement sur la carte dans nos têtes. Cette ville capitale historique et spirituelle du pays basque espagnol. Cette ville martyre, bombardée par les aviateurs de la légion Condor le 26 avril 1937 faisant officiellement 1654 morts. Cette ville exemple, qui servit de décor pour ce que l’on considère comme le tout premier raid de l’histoire de l’aviation. Cette ville rendue populaire par Pablo Picasso pour le pavillon espagnol de l’Exposition Universelle de 1937. Peinture qui deviendra l’une des œuvres les plus célèbres du peintre. Il ne reste que peu de vestiges du vieux centre et dans les faits, seul le célèbre tableau sur mosaïque géante, relate l’histoire du passé.

Ce petit cours d’histoire étant fait, nous voici en route pour le point de chute du soir… et une petite pointe de terre non loin de là attise notre convoitise. Direction le phare de Matxitxakoko Itsasargiade sur le Cabo de Machichaco, juste au-dessus de Berméo. Nous voici face à une nouvelle merveille. Un phare planté sur les pentes de la montagne Sollube. A 122 mètres au-dessus du niveau de la mer. Falaise escarpée, point de vue remarquable, lieu d’observation des grands cétacés. Nous voici conquis. Ne pas traîner, ne pas hésiter, ce lieu est prisé des baroudeurs comme nous. Nous nous dépêchons de poser notre van sur un endroit de rêve. La mer est juste sous nous, le phare veille sur Arno, la nuit sera belle… quoique très ventée.

De notre spotnight et tout au long de la nuit, une lueur dessinée au loin comme un chemin avançant dans la mer, un son de cloche retentissant à fréquence irrégulière mais tout au long de la soirée… Des indices qui nous laissaient croire qu’une curiosité n’était pas trop loin de là. Après une rapide analyse de la carte, la chapelle de San Juan de Gaztelugatxe devait faire partie des visites de la journée.

Cette magnifique chapelle, posée sur un îlot de la côte de Biscaye au nord de Bilbao est un endroit à part. Une avancée de 200 m dans la mer, reliée au continent par un pont piétonnier et quelque 240 marches.

La chapelle et l’ermitage y sont toujours visibles, visitables même. Un grand lieu de pèlerinage depuis le moyen âge. Sur la façade de la chapelle une cloche accessible à tous. La tradition basque recommande après la pénible montée, de faire sonner trois fois la cloche du sanctuaire en faisant un vœu. À l’origine de la tradition, il s’agissait d’effrayer les mauvais esprits.

Pour les amateurs de séries à succès. Certaines scènes de la saison 7 de Game Of Thrones y ont été filmées en 2016-2017.

Pour être très honnêtes, ce n’est absolument pas la raison de notre passage sur ce lieu… Mais cela explique peut-être un peu plus la présence nombreuse de visiteurs sur place.

Reprenons la route, nous sommes le 31 décembre, il est temps de penser à notre repas de la Saint Sylvestre, au camping que les jeunes et les plus grands attendent avec impatience pour se doucher complètement, au bon repas au chaud dans un resto… Il est 15h, partons à la recherche d’un camping. Deux ou trois pistes s’offrent à nous et nous entamons les investigations. Au premier camping, c’est la douche froide. Le site internet nous laisse croire que c’est ouvert, mais non. Deuxième camping : le net annonce la fermeture pour l’hiver. Un troisième camping nous laisse à nouveau devant des grilles closes. Nous poussons le chemin, évitons Bilbao, pourtant capitale du Pays Basque, laissons derrière nous le musée Guggenheim et son architecture improbable et poursuivons nos recherches. Un nouveau camping fermé… La carte annonce à nouveau une grande ville Santanders, mais pas de camping en vue. Sur internet, le secteur vert et touristique de Laredo et Noja nous laisse apparaitre la présence de 4 campings dans un mouchoir de poche. Nous les faisons les uns après les autres… et rien. Il est maintenant 18h, le stress monte chez les grands, l’angoisse de ne pas avoir de restaurant apparaît chez les petits. Nous tentons encore vers Santona, ville portuaire de la Cantabrie 11 000 habitants. Des bars ouverts, deux trois lieux de vie, aucun ne propose de repas pour le soir. Il fait nuit, dommage, nous n’apprécions pas le Fuerte Del Mazo O Napoleon. Un fort construit sous les ordres de Napoléon Bonaparte vers 1812.

Nous poussons encore vers Noja, station balnéaire prisée en été, longue plage de sable… mais totalement déserte en hiver. Pas de camping ouvert. Pas vraiment de restaurant. Nous repérons un coin paisible pour se poser cette nuit en bord de mer une fois la phase repas passée.

Un bar est ouvert, le gérant nous annonce ne pas pouvoir servir de repas et nous propose de rejoindre le bar suivant qui peut-être propose à manger. Nous voici devant La Granja. Un bar restaurant où l’ambiance semble être présente. Nouvelle demande, pas de repas ce soir. Explication de la situation à une jeune serveuse en fin de service. Elle tente elle-même de joindre un autre endroit sans succès et nous propose une restauration type JunkFood, sandwich façon hamburger/croquemonsieur amélioré.

Nous ne nous sommes pas changés, pas douchés, pas spécialement coiffés… Mais nous voici avec à boire et à manger devant nous. Un repas improbable dans une ambiance de fête. Des pas de danse pour les filles, un apéro pour papa, le désespoir pour Emilian.

Un étage complet de jeux pour enfants avec piscine à boule, baby foot et autres viendra relever le niveau pour les plus jeunes. Il est 23h le bar ferme il est temps d’aller ailleurs.

Retour sur Noja et cette petite plage repérée plus tôt.

Un bain de minuit pour les courageux. L’eau est froide, le vent un peu présent. Papa joue le porte-manteaux, distributeur de serviettes, récupérateur de chaussures et surveillant de baignade.

Minuit, tout le monde est heureux et en pyjama dans le van. Au loin, des fusées et feux d’artifice éclairent la nuit. Nous regardons tous avec émerveillement… C’est l’heure du dodo, bonne nuit tout le monde, et BONNE ANNÉE !

Le lendemain matin, c’est la grande surprise. Ce qui paraissait déjà beau la nuit est juste somptueux de jour. Une plage presque sans fin, des rochers, des immeubles vides de vacanciers au loin. C’est décidé, nous ne ferons rien aujourd’hui. Rien que profiter du soleil et de ce lieu éclatant.

Des jeux de société, des châteaux de sable, un peu de rangement dans la voiture, une douche sur le jet encore a disposition à la sortie de la plage, une séance de bloc sur les rochers au-dessus de la plage, une petite balade sur les îlots autour, voici le beau programme de notre 1er janvier 2020.

Le top avec l’escalade façon bloc, c’est qu’il ne faut pas grand chose pour s’amuser…

Profitons-en aussi pour prendre quelques photos.

Renseignements pris sur la « désertitude » des restaurants le 31 au soir, il semble qu’il soit de tradition dans cette partie de l’Espagne de profiter du début de la soirée en bar ou en ville, puis avant minuit, du repas en famille avec la dégustation des traditionnels 12 raisins sur le rythme des 12 coups de minuit. Tradition très bien respectée du coup… Pas un resto à des kilomètres à la ronde.

Deux nuits passées au même endroit c’est assez rare. Mais cela fait du bien. Il est hélas déjà temps de penser au retour. La France, la rentrée scolaire, le travail et notre chat nous attendent.

Nous voilà en route. Durant l’aller un endroit proche du centre-ville de San Sebastien m’avait fait de l’œil. Une pause pour le pique-nique de midi y serait certainement de bon aloi. Nous prenons donc la route de la colline d’Igueldo. Petite montagne au-dessus de la mer face à la ville. Les photos sur le net sont magnifiques. Allons-y. Quelle ne fut pas notre surprise de trouver sur place une sorte de mini Europapark.

Allez, le repas du réveillon ne nous aura coûté que 37€ à quatre, boisson et repas compris. Permettons-nous une folie, visitons et mangeons au cœur de ce lieu étrange. Pour les touristes de passage, le parking aussi est payant et l’accès est interdit aux camping-cars.

L’après-midi avance, il faut encore rentrer en France, nous reprenons la route. En voiture, une nouvelle recherche se met en place. Trouver (tout de même) un camping ouvert dans un rayon de 30 km autour de l’autoroute avec un restaurant pas trop loin… La recherche débute vers 15h aux alentours de Saint Jean de Luz et restera vaine jusqu’à Libourne à côté de Bordeaux, soit 240 km plus loin… Une décision doit être prise. Nous irons jusqu’à Périgueux et nous nous vengerons dans un restaurant typique avec gastronomie du terroir. Peu importe la douche, le camping et le lieu de notre prochaine nuit.

« Chérie, une soirée repas sur une péniche, tu prends ? » … « En plus le cadre semble beau, posé sur la rivière L’Isle… Sur internet je vois même que Macron y aurait déjeuné lors de sa visite de la ville… ». Consultation du site internet, appel… fermé. Second appel dans un autre lieu… Fermé. Nouvelle tentative dans Le troquet, petit lieu à la cuisine riche et gastronomique. Bingo, je réserve. « Nous y serons dans deux heures, madame ».

Quelle surprise à notre arrivée sur place. L’hyper centre de Périgueux est juste magnifique avec ses ruelles et sa cathédrale. Et le restaurant, un véritable coup de cœur : du terroir plein l’assiette, des mets raffinés, des portions généreuses pour les enfants. Voilà de quoi rattraper notre burger de la Saint Sylvestre.

Profitant des lieux, nous visitons un peu la ville. Mais, à l’image de certaines de nos sorties, les enfants ont froid, sont fatigués, ont une chaussette de travers… Bref, écourtons la visite.

Puis cherchons un nouveau lieu pour passer la nuit. Ce sera un parking en graviers à la lisière de la forêt. Calme, sobre, sans prétention (à côté d’un cimentière, mais chut, ne pas le dire à Rosanna)…

Lendemain matin, petit déjeuner croissant et café à la boulangerie… ha non celle la plus proche de nous sur la carte est fermée. Ben la suivante alors.

Chemin faisant, nous retraversons l’Auvergne, remontons vers la Franche-Comté et retrouvons notre belle maison et notre chat. Sophie est nostalgique dans la voiture, comme à chaque retour de baroude. Voici 2750 kilomètres déjà remplis de souvenirs. Ne reste plus qu’à choisir la prochaine destination.

Moralité des vacances… Suis le soleil pour être au chaud. Évite les campings, car ils sont fermés en hiver, n’utilise pas internet pour éviter de nombreux détours… profite et ne te donne pas de destination précise !

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