Fantastic road trip in the UK (Fr) !

Quelques semaines de bonheur solo en Angleterre et au pays de Galle. Un road trip d’un peu plus de deux mois qui constitue ma première expérience du genre en solo et qui me fera découvrir à la fois le plaisir de déambuler à son propre rythme et un pays fabuleux, véritable coup de cœur tant pour la beauté de ses paysages que pour la bienveillance de ses habitants. Je vais réaliser une grande boucle au départ de Londres, passant par la côte Est de l’Angleterre, les principaux parcs nationaux : Peak District, North York Moors jusqu’à Whitby, Yorkshire Dales, Lake District, Anglesey, Snowdonia, Pembrokeshire Coast en pays de Galle puis la pointe Ouest jusqu’à Land’s End, retour par Bath pour finir sur les falaises de Douvres.

Cet article est la version française du texte. Une version anglaise est disponible sur le lien suivant : Fantastic road trip in the UK – English.


Quelle idée ?

J’ai obtenu un congé de formation de 10 mois, quelle chance de pouvoir faire une telle pause dans son métier. La fonction publique, ça a du bon ! Je souhaite en profiter pour apprendre à parler anglais. J’ai choisi une formation en ligne, parce que je ne me voyais pas retourner en amphi, et préfère largement gérer mon temps comme bon me semble.

Mais qu’est-ce qui me pousse à partir en Angleterre, alors que je pourrais me la couler douce tranquille à la maison, avec tout le confort de mon bel intérieur, la proximité des miens, no souci, quoi… ?

Sauf que se la couler douce, en fait, je ne sais pas faire. A la maison, il y a toujours un truc à faire : un meuble à briquer, une pièce à ranger, un coup de ponceuse ou de peinture à passer. Et ce n’est pas que je n’aime pas ces tâches, mais un congé de 10 mois, ça n’est qu’une fois dans sa carrière. Je ne veux pas arriver au bout et me dire que je n’en n’ai pas profité, que je n’ai rien fait de plus que d’ordinaire. On n’a qu’une vie !

Donc l’Angleterre s’est imposée parce que c’est la destination la plus proche pour parler anglais.

Je partirai aux vacances de la Toussaint, ce qui présente deux avantages :

  • Cela me permet d’être présente en septembre pour la rentrée de mes loulous, pour les aider dans leur organisation (ma puce entre à l’internat et mon loustic en 6ème, deux étapes importantes).
  • Lilian a quelques jours de congé. Nous partirons en famille pour visiter Londres et le pays d’Harry Potter, puis mes chéris rentreront en train et je resterai sur place avec le van et le toutou.

Quelles sont les conditions ?

  • Posséder un passeport. Je renouvelle le mien et en fais faire pour mes enfants. Celui de Lilian est encore valide. Attention, il faut s’y prendre plusieurs mois à l’avance.
  • Pour pouvoir suivre ma formation (j’ai un devoir d’assiduité), il me faudra un ordinateur avec une connexion, j’ai ce qu’il faut. Mes certificats d’assiduité arriveront à la maison, Lilian pourra les scanner et me les envoyer. Je passe à la nouvelle technologie avec un nouveau téléphone, ce qui est une révolution pour moi qui n’ai jamais eu besoin d’avoir internet jusqu’à présent et me contentais donc d’un portable très basique. Je vérifie aussi que mes opérations bancaires ne seront pas trop onéreuses et que la voiture est bien assurée au Royaume Uni.
  • La quarantaine n’est plus de rigueur pour les chiens, je pourrai donc emmener mon toutou avec moi, à condition de lui faire passer une petite visite médicale avant le départ.

Tout est OK ? Il reste des doutes ?

Ouh la oui, dire le contraire serait mentir. Quand on prend une décision, il y a toujours un moment de flottement, où l’on se demande si on fait bien, s’il ne serait pas plus raisonnable de renoncer. Et ce ne sont pas les raisons qui manquent…

  • Mes chéris vont me manquer. Je vais peut-être leur manquer aussi. Ce ne sera pas facile pour mon petit Emilian, qui sera souvent seul le matin et le soir, jusqu’à ce que son papa rentre.
  • Mes parents ont besoin de moi, de l’autre côté de la Manche, je ne leur serai d’aucune utilité, je ferais mieux de rester.
  • Je n’arriverai pas à conduire à gauche, je vais faire un accident.
  • Je vais tomber en panne, je ne saurai pas me débrouiller pour trouver de l’aide.
  • En Angleterre, la vie est chère, je vais me ruiner.
  • Il va faire froid, il va pleuvoir, ce sera galère. Et si je tombe malade, j’aurai l’air chouette avec mon toutou dans le van !
  • Seule dans mon van, je ne serai pas tranquille, ce n’est pas prudent, je vais me faire agresser.
  • Prendre un chien, ce n’est pas une bonne idée, il va s’ennuyer dans le camion, je n’arriverai pas à randonner suffisamment pour l’occuper. Ce serait plus simple de partir seule, de le laisser à la maison, où il y a assez de place dans le jardin. Ou de rester à la maison pour faire nos promenades habituelles…

Bref, vous l’aurez compris, on a tous une petite voix en nous qui nous encourage à ne pas oser, être raisonnable. Et une autre voix qui nous attire vers l’inconnu. Mais on n’a qu’une vie !

Récit de notre semaine anglaise en famille disponible ici I have perfectly bilingual

Ma petite famille est repartie en France, rentrée scolaire oblige. Me voilà au début de mon aventure en solo ou presque, puisque j’ai gardé 6A avec moi.


En route, mais à gauche toute !

Mes amours ont pris leurs bagages… derniers câlins, derniers baisers envoyés de loin et me voici seule avec, dans ma main, la clé du van, dans lequel 6A m’attend patiemment. Bon, ben c’est parti… Mon chéri m’avait dit : « règle ton GPS avant de démarrer, pour ne pas avoir à le gérer tout en roulant », il avait raison. Sauf que je n’ai pas d’idée précise de mon itinéraire, je sais juste que je veux commencer par le Nord-Est de Londres. Je tape « Saffron Walden » parce qu’un guide touristique que j’ai emmené dit du bien de cette ville à l’architecture médiévale bien préservée. Je ne vais pas m’attarder sur ce parking d’aéroport, je ne sais pas s’il est payant ou pas. Alors si j’ai une amende, autant qu’elle soit la plus petite possible, fuyons !

Premier challenge : rouler à gauche, sans copilote, cette fois. Pour commencer à m’habituer à la conduite anglaise, j’ai fait mes armes tant que mon chéri était là. Cela m’a permis de me familiariser tout en profitant de ses conseils et de son regard pour me prévenir des dangers venant de la droite. C’était une excellente idée, car le plus dur est d’intégrer toutes les nouveautés en même temps. Rouler à gauche, ça va, même en van, adapter ses trajectoires ne pose pas de problème. Gérer les priorités à gauche, aucun souci : il n’y en a pas ! Prendre les ronds-points, facile ! Enfin, tourner, c’est facile, ce qui n’est pas du tout évident, c’est de penser à regarder à droite plutôt qu’à gauche, là il me faut un maximum de concentration, sinon, j’oublie ! Le plus compliqué, c’est de suivre le tracé du GPS tout en se concentrant sur cette nouvelle conduite. Je fais parfois plusieurs tours de rond-point ou bien je change de file un peu au forcing, ce qui se passe bien ici, car les Britanniques sont très courtois au volant et te cèdent très volontiers le passage. Je me trompe de route, aussi, je dois bien l’avouer, et parcours parfois plusieurs dizaines de kilomètres avant de retrouver le bon itinéraire, car les parkings sont très rares, peu de zones permettent de faire demi-tour. Comme je n’ai pas de timing à respecter, je reste zen. J’adore le flegme britannique, je m’en imprègne bien !

Après avoir quitté Londres, je passe sur un très grand pont. Aucun péage, mais des panneaux que je n’ai pas le temps de bien lire me laissent comprendre que le paiement se fait en ligne dans les 24 heures, en se connectant à un site dont je tente de retenir le nom. Je suis concentrée sur ma conduite, j’aurais préféré pouvoir m’arrêter à un guichet, mais je ne vois rien qui y ressemble, le passage se fait en toute fluidité… bah, s’ils voulaient vraiment nous faire payer, ils auraient installé un dispositif plus contraignant, non ? Le soir, j’essaie de m’acquitter de ma redevance, mais je n’ai pas de réseau. Le lendemain, j’ai fort à faire, quand j’y repense, le délai de 24h est écoulé, je me dis « tant pis ». En fait, je découvrirai plus tard que j’avais 48h, et non 24, et que des voyageurs français ont été fortement amendés, des semaines plus tard, pour ne pas avoir payé. Lilian me conseille de faire des démarches, ce que je tente. Mais aucune assistance en français n’est disponible (alors que toutes sortes de langues sont proposées !) On me dit d’attendre de recevoir un courrier en France, qu’il n’y a plus d’autre solution. Cela signifie que je vais être taxée. Je décide finalement de payer mon passage en ligne, avec bien du retard et malgré la consigne qui m’indique clairement de ne pas le faire, cela prouvera en cas de litige que je n’avais pas l’intention de frauder. Heureusement, aucun courrier n’arrive jamais en France, mais cette affaire m’aura bien stressée.


Premières pauses touristiques

Ma première pause en route vers le Norfolk se fait donc dans la petite ville de Saffron Walden. C’est sympa, un petit marché me permet de trouver de quoi me faire des sandwiches ainsi qu’un coupe-ongle, très important, un coupe-ongle !

Pour ma première nuit, c’est la forêt de Knettyshall qui m’accueille. Première fois que je vois autant de faisans, d’écureuils, de chevreuils et de lièvres dans une même balade. Ça grouille d’animaux sauvages, 6A (en laisse pour ne pas trop perturber la faune) ne sait plus où donner de la tête. Je finis à la frontale, j’ai un peu de mal à retrouver le van… Ma copine Valérie me gronderait mais à ma décharge, avec le décalage horaire et le passage à l’heure d’hiver, on s’est pris 2 heures dans la vue. Il fait nuit à 17h. Que cela me serve de leçon : il faut qu’à 16h30, je sois de retour au van.


En hiver en van, on se couche à l’heure des poules… et on sent le renard !

16h30, c’est tôt pour s’enfermer, mais cela me convient bien, puisque je suis là pour travailler mon anglais. Cela me laisse toute la soirée pour étudier. Je prends l’habitude de photographier tous les panneaux explicatifs que je croise et de travailler le vocabulaire à mon retour au van. C’est motivant, cela me permet d’en savoir un peu plus sur mes lieux de visite. J’ai aussi avec moi plusieurs romans en langue anglaise, qui m’apportent du vocabulaire moins soutenu. Et quand j’ai suffisamment de batteries, je m’offre le luxe d’un film en anglais. Je profite aussi de la soirée pour appeler ma famille, c’est un rendez-vous quotidien quasi incontournable. WhatsApp me donne l’impression d’être très proche d’eux, les devoirs maisons que je fais avec mes enfants aussi !

Côté chauffage, je ne roule parfois pas suffisamment pour bien recharger les batteries, et j’essaie d’en garder un minimum pour pouvoir mettre un coup de chauffage le matin (lien vers notre article Un chinois dans le coffre !). Du coup, les soirées sont très fraiches, je superpose les couches de vêtements et finis systématiquement avec toutes mes épaisseurs, ma veste et mon bonnet. Je n’ai pas amené suffisamment de vêtements chauds pour pouvoir en changer, j’ai besoin de tout ce que j’ai pris, du coup les lessives sont rares et le froid m’oblige à dormir toute habillée. Au bout de quelques jours, je ne prends plus la peine de différencier vêtements de jour et de nuit, de toute façon, il fait trop froid pour se changer ! J’abandonne l’habitude de porter une brassière, trop inconfortable la nuit, je m’en passe aussi le jour. Les rares lessives et douches que je m’accorde me font un bien fou, je touche du doigt ce que peut ressentir un SDF. La plupart du temps, je me lave à la lingette ou dans des toilettes publiques, qui ont souvent l’avantage de proposer de l’eau chaude. Car en extérieur, il fait trop froid, je n’ai pas le courage d’utiliser ma douche solaire, que j’ai pourtant amenée. Mais enfiler des vêtements déjà portés, après m’être lavée, gâchent un peu le plaisir. Mon odeur est partout, j’espère que les gens que je croise la journée ne la sentent pas trop…

Autre conséquence à ce confinement : je cuisine très peu. Quand on voyage en été, on aime s’installer dehors, on se fait un apéro, des grillades, des petites salades, et on fait notre vaisselle dehors, dans un cours d’eau ou en sortant le jerrican. Bref, le repas du soir fait partie des plaisirs de la journée. Ici, je fais tout pour ne pas avoir de vaisselle, car j’économise mon eau (les fontaines sont rares) et surtout je me fais discrète le soir, je ne sors pas de mon van, et je reste « au chaud ». Je cède à la facilité des plats lyophilisés. Les contenants me servent ensuite de pots de chambre. C’est très très roots, peu de mes amis supporteraient cet inconfort, Virgi peut-être ? A part elle, je ne vois pas… Pourquoi s’infliger de telles conditions, me demanderez-vous ?


Money, money, money…

La raison est budgétaire. Un tel voyage, même en van, ça coûte cher. La traversée en ferry, même en s’y prenant à l’avance nous est revenue à … En famille, on a fait quelques campings, des musées, pris le train pour aller à Londres. La capitale peut se visiter sans trop dépenser : de nombreux musées sont gratuits, les monuments sont déjà impressionnants vus de l’extérieur, les quartiers aussi, le bus à étage est compris dans nos billets de train et les bons plans resto ne manquent pas, mais on dépense quand même plus qu’en temps normal. S’ajoutent les achats de cartes téléphoniques et wifi, les réparations imprévues, les parkings très souvent payants (même si je m’arrange la plupart du temps pour en trouver des gratuits, quitte à marcher davantage), les courses alimentaires (pas plus chères qu’en France, ouf !) et bien entendu l’essence. Pas de péage, ici, ou si peu, re-ouf ! Comme tous les achats par carte et tous les retraits génèrent des frais, je suis venue avec une grande quantité de liquide que j’ai changée en livres à mon arrivée, dans un bureau de poste (il paraît qu’ils font les meilleurs taux de change, j’avoue ne pas avoir pris la peine de vérifier). Malgré tout, je n’ai pas prévu assez, et je n’évite pas les frais. A mon retour en France, mes comptes sont à zéro. Bon, on ne vit qu’une fois ! Mais comme quoi, j’ai bien fait de fuir les campings et les parkings payants.


La côte Est, du côté de Norwich

Je me rends à Caister on sea, à l’est de Norwich, pour marcher sur ses grandes plages de sable et le long de ses petites falaises. Sentiment de liberté ! Sur les bancs, des plaques et des fleurs nous rappellent que d’autres avant nous ont aimé observer ces endroits. Cela rend l’instant encore plus précieux.

Je me trouve au beau spot nature au bord d’une rivière. Calme absolu.


La forêt de Sherwood

La forêt de Sherwood m’attire. Le lieu est touristique, les chemins de randonnée sont jalonnés de pancartes explicatives, il y a l’embarras du choix, mais le grand chêne est incontournable.


Le Peak District Park

La route qui mène au Peak District Park est de toute beauté. Je m’arrête dans une impasse en montagne, dans laquelle les vans et les camping-cars se garent les uns derrière les autres. La vue est splendide et c’est rassurant d’avoir des voisins, on bavarde un peu avant de s’enfermer pour la nuit et de préparer la rando du lendemain. L’endroit me plait tellement que j’y reste plusieurs jours, c’est agréable de prendre de petites habitudes.


Do you speak English ?

Pour changer de la randonnée et parce que je veux pratiquer l’anglais tout en me rendant utile, je me présente dans un centre de soin pour proposer mes services en tant que bénévole.

Je ne parviens pas à me faire embaucher au centre de soins, à cause d’un protocole trop lourd, mais le personnel qui m’accueille prend le temps de m’orienter vers d’autres adresses. Du coup, après des recherches auprès de différents commerçants, je trouve une banque alimentaire dans laquelle je bavarde avec d’adorables mamies en train de tricoter.

On me propose de participer à un chatty café, je m’y rends le lendemain malgré la météo magnifique qui inviterait plus à randonner qu’à s’enfermer dans une église, comme quoi je suis vraiment motivée ! J’attache 6A à l’extérieur, mais elle n’y restera pas longtemps. On me demande très vite si cet adorable toutou dehors est à moi et on m’ordonne de l’amener à l’intérieur, sur la moquette, où on lui offrira de bons gâteaux. Oui, ils sont comme ça, les Britanniques !

Je passe deux heures à essayer de comprendre les conversations. Quand on me parle, ça va, mais quand les gens parlent entre eux, c’est autre chose ! Je cherche mes mots, mon débit est lent, mais mes interlocuteurs sont patients et très généreux. On m’offre le café, une succulente pâtisserie maison, de la soupe et du pain pour le soir, tout en s’excusant de ne pas avoir de biscuits pour chien ! Mais au fait, je n’étais pas venue pour aider les autres, moi ???

Ravie de cette expérience, je continue les jours suivants de repérer les chatty cafés, ils sont régulièrement annoncés sur les affichages des églises, mais les rendez-vous correspondent rarement à mes dates de passage. Et puis si aider se résume pour moi à profiter de l’hospitalité prévue pour les SDF, c’est quelque-peu gênant, tout de même. Je change de stratégie, je tape « groupe de randonnée » suivi de l’endroit où je me trouve sur un moteur de recherche. Et je tombe rapidement sur le calendrier des Ramblers : un groupe de randonneurs qui organise des sorties pour ses adhérents. Les nouveaux sont les bienvenus. Une balade est prévue le lendemain pas très loin de là où je me trouve. Je tente ma chance : j’appelle l’organisateur et lui demande si une petite Française en voyage avec son chien peut se joindre à eux le temps d’une journée. Avec plaisir, you’re welcome ! J’adore les Anglais !


La côte jusqu’à Whitby

Je pensais être au point le plus au nord de mon aventure, histoire de rester dans des températures clémentes, et comptais me diriger vers le Pays de Galles. Mais une randonneuse me conseille de jolis coins plus au nord, j’ai envie de lui faire confiance. C’est aussi ça que j’adore dans ce mode de vie : rien n’est établi, on se laisse dériver au gré de nos intuitions, de nos envies et parfois de nos besoins aussi. Il faudra que je prenne une douche, un jour…

York : très jolie ville, avec sa magnifique cathédrale et ses ruelles médiévales bien fréquentées.

Byland Abbey, au nord de York.

Le ravissant village de pêcheurs Robin Hood’s Bay, dans le North Yorkshire, et les falaises environnantes.

Encore une jolie petite ville de pêcheurs : Whitby


Votre correspondant n’est pas joignable…

Mardi soir, impossible d’appeler ou de me connecter ! La journée a été très humide, je pense que mon téléphone a pris l’eau. Mon ordinateur, quant à lui, refuse de travailler depuis la veille déjà. Du coup, je passe ma journée à chercher quelqu’un qui puisse me réparer tout ça. Pas facile quand tu n’as plus internet pour faire tes recherches ou pour te guider par GPS. A 15h youpi, je récupère mon téléphone réparé et à 16h, à l’autre bout de la ville, mon ordinateur avec un disque dur tout neuf. Assez fière d’avoir réussi à me débrouiller, je vais enfin pouvoir rassurer ma petite famille, lorsque mon téléphone m’apprend que j’ai épuisé mes données mobiles. Du coup, aujourd’hui, nouvelle journée de recherches, pour recharger mes cartes Sim anglaises. Ça n’est pas simple. En quittant la dernière boutique, je suis enfin opérationnelle, en tout cas assez pour lancer mon GPS jusqu’à un spotnight. Une fois posée, je peux enfin appeler mes chéris. Ah bien non, pas de réseau dans le coin dans lequel je me suis installée pour la nuit (ou alors c’est la nouvelle carte Sim de mon téléphone qui ne fonctionne pas ?) Heureusement, mon routeur me donne du wifi, ce qui me permet de donner enfin des nouvelles. Ah les nouvelles technologies…


Yorkshire Dales

Encore un fabuleux parc, qui m’a été conseillé par une randonneuse croisée dans le Peak District Park et qui comprend que j’aime les endroits sauvages : le Yorkshire Dales, elle pense que je vais adorer et elle ne se trompe pas. Je découvre un pays très isolé, peuplé presque uniquement de bergers et de moutons. Les routes sont très étroites, on ne peut se croiser qu’à certains endroits. Il faut parfois s’arrêter pour laisser passer les moutons ou pour s’ouvrir soi-même une barrière… mais quelle magie des paysages ! J’adore !

Je vais voir les cascades de Aygsfarth et les falaises de Malham Cove.


Lake District Park

Le Lake District Park est décrit partout comme étant le plus beau parc du pays. Ce n’est pas la première impression que j’en ai, la circulation y est dense, je trouve difficilement une place pour m’arrêter. Je passe deux nuits sur un parking de bord de route très fréquentée, à défaut de trouver mieux. Mais les randonnées tiennent leurs promesses, d’autant que je fais plusieurs d’entre elles en bonne compagnie. Les Ramblers sont très sympas, et ce n’est pas désagréable de suivre le groupe sans avoir à se soucier de l’itinéraire.

Je ne vais pas autant au Nord que je l’aurais souhaité, les routes sinueuses et surtout très fréquentées ne me donnent pas envie de m’aventurer davantage, d’autant que la météo est de plus en plus fraiche. Je prends donc la route vers le sud, direction le pays de Galle.


Pays de Galle

Premier arrêt au pays de Galle dans l’atypique ville de Llandudno, sa longue promenade et sa jetée victorienne, surplombée par Le Great Orme, un promontoire rocheux de toute beauté. Je pensais y passer une petite heure, j’y marche finalement toute la journée et au soleil s’il vous plaît !

La petite ville portuaire de Conwy vaut le détour, pour son château et son enceinte fortifiée, que l’on peut parcourir à pied. Des villes fortifiées que les guides conseillent de visiter ici, c’est elle qui a ma préférence.


Autour de Betws y Coed dans le Snowdonia Park.

Aujourd’hui, je voulais monter en haut du Snowden, le plus haut sommet du pays de Galles, mais la météo n’est pas favorable, alors je préfère patienter, puisque j’ai l’immense privilège de pouvoir prendre mon temps. Du coup, petite flânerie dans les ruelles de Caernarfon, la grande sœur de Conwy, et le long de son front de mer, où je choisis de me poser pour la nuit.

Oh comme j’ai bien fait de patienter ! Météo au top aujourd’hui pour LA rando de Snowdonia. Un sommet à 1000m et des poussières, mais qui a des allures plus alpines que vosgiennes. Fatiguée mais heureuse !

Encore une très belle journée, que je passe sur l’île d’Anglesey. C’est ici que se trouve le village au nom le plus long d’Europe, tout à fait imprononçable. Sur la pointe, d’impressionnantes falaises abritent un phare qui se visite à la belle saison.

Premières gelées nocturnes, il fait 2° dehors ce matin au réveil, 5° dans le van… 4 jours consécutifs de soleil, ça se paye ! Dernière balade dans le Snowdonia Park hier, avec le surplombant « precipice walk ».

A Cwm Yr Eglwys, de l’église celtique, il ne reste que le clocher. Havre de tranquillité. Spotnight panoramique… ça va cailler !

Le Pembrokeshire Coast Park offre des vues sensationnelles, dans un calme envoûtant. La cathédrale de St Davids est, quant à elle, étonnamment animée, puisqu’elle accueille un marché de Noël.

Balade à St David’s head, toujours dans le Pembrokeshire Park, dans le but de voir de la vie sauvage (il paraît qu’il y a beaucoup de phoques et de dauphins par ici). Je n’ai trouvé que de sympathiques randonneurs. On m’avait dit que les Gallois étaient particuliers et en effet, ils le sont : ils sourient et parlent à toutes les personnes qu’ils croisent, que du bonheur !

Après des miles et des miles de marche au départ des Stack Rocks, dans une lande désolée balayée par les vents, bordée de falaises vertigineuses (comment ça j’en fais trop ?) ma persévérance est récompensée : j’aperçois la nageoire dorsale de 2 dauphins et le bout du nez d’un phoque. Ça me fait ma journée !

Très belles plages de sable fin à Three Cliffs Bay, sur la péninsule de Gower.

Trop besoin de me laver ! Je déniche un bon plan Airbnb qui répond à tous mes critères : 1. Avec baignoire 2. Accepte les chiens. 3. Chez l’habitant (je ne veux pas d’un logement indépendant, je suis là pour parler anglais) 4. Sur mon itinéraire 5. Pas cher. Quand j’annonce à mon chéri que j’ai trouvé une super auberge espagnole, il me dit : »À tous les coups, ils vont t’annoncer, quand tu vas arriver, qu’il n’y a pas d’eau chaude. » Vous devinez la suite ? Quand j’arrive, on me présente illico la salle de bain… tellement je pue ?… et là : « Sorry there’s no hot water for the bath, we are waiting for an oil delivery » ! Moi, je ne me démonte pas : »pas grave, je ferai bouillir de l’eau dans une casserole » mais non, pas besoin, il y a une douche électrique, me voilà sauvée (enfin plutôt eux !) Ah, je redécouvre le bonheur de se laver, d’être au chaud et de dormir dans un vrai lit… avant de prendre la route pour les cascades de Hgwd Isaf Clun Gwyn (oui, c’est toujours le Pays de Galles) dans le Brecon Beacons National Park.

Ascension du Pen y Fan, le sommet du Brecon Beacons toujours au Pays de Galles.

Je vais voir des loutres de rivière ! Ce n’était pas prévu, j’ai suivi les conseils d’un pêcheur rencontré lors d’une balade bucolique au lever du jour (traduire : « en allant faire caca »… voir notre article sur le sujet Mon caca à moi…). C’est mignon comme tout, des loutres, surtout quand on a la chance de les observer dans leur milieu naturel. J’espère que vous réussirez à les voir sur les photos (parce que moi, je n’ai pas réussi, même en vrai !)


Cornouailles, ça rime avec « ça caille » !

Depuis que je suis au sud de l’Angleterre, la circulation est beaucoup plus dense. Je n’aime pas ce trafic chargé, il faut pourtant que je m’y habitue, ce sera ainsi jusqu’à Douvres. J’hésite à aller en Cornouailles, car cela me fait faire un sacré détour et les prévisions météo ne sont pas bonnes, on annonce une vague de froid polaire. Mais ces Cornouailles m’attirent, j’en lis du bien dans mes bouquins, je me dirige donc quand même jusqu’au bout du bout de la pointe ouest de l’Angleterre : Land’s End.

J’y découvre de belles falaises qui abritent une épave de bateau et qui débouchent sur les plages de sable fin de Sennen.

Je vois aussi que le Mont St Michel a traversé la Manche et je visite Polperro, adorable petit village de pêcheurs. Avec le recul, si c’était à refaire, je me passerais de ce détour, même si c’était joli, car s’il fallait choisir entre le pays de Galle et les Cornouailles, le premier a bien plus conquis mon cœur. Mais comme j’aime l’aventure, il fallait que je constate par moi-même, et ce détour me permettra d’approcher mes limites.

Ce matin, trois lascars sont venus autour de mon van pour le secouer comme un prunier. Si vous les aviez vus, vous auriez peut-être eu envie de les baffer, moi je les aurais bien embrassés. Ok je vous raconte. J’ai RV ce matin pour une rando avec Mariam et Simon, que j’ai hâte de rencontrer, car au téléphone ils m’ont semblé fort sympathiques. Je pars tôt, car j’ai 1h30 de route pour arriver au point de RV. La voiture est gelée, il faut gratter, la route est blanche jusqu’à l’autoroute, mais bien dégagée ensuite. Enfin, c’est ce qu’il me semble. Car une fois sortie de l’autoroute, c’est de plus en plus glissant. J’arrive dans une montée étroite quand un automobiliste me fait signe de m’arrêter. Je n’ai pas le choix, je stoppe le véhicule en pleine montée. Le gars vient m’expliquer qu’il est impossible de continuer. Je mets le frein à main, mais ça ne tient pas, la voiture glisse dès que je lâche la pédale de frein. Me voici coincée. Un type vient me voir, voyant que je ne bouge plus. Il me conseille de repartir en marche arrière et faire demi-tour dans la descente. Glups ! En reculant, la voiture se met de travers… de mieux en mieux. Les 2 jeunes me poussent et je repars, mais cette fois mes roues de droite sortent de l’asphalte. Pour les y remettre, les 2 gaillards, qu’un 3ème vient rejoindre, se mettent à secouer le van un coup à l’avant, un coup à l’arrière, et hop, me voici remise sur les rails. La suite de la manœuvre, c’est un des types qui la fait. Il tient mon volant par la fenêtre ouverte tout en me rassurant : « You will be fine » et en me donnant des instructions concernant les freins. J’ai à peine le temps de remercier mes sauveurs que me voici repartie dans le bon sens pour l’autoroute, que je ne quitterai plus de si tôt… Le premier qui critique encore les Anglais, gare à lui !


Bath et Douvres

Après mon épisode glacé, j’ai besoin d’une pause. Je m’arrête dans une forêt quadrillée de sentiers pédagogiques très fréquentés, les Anglais aiment marcher en famille, c’est sympa.

Je visite la jolie ville de Bath, après avoir testé les douches de l’autoroute, normalement plutôt prévues pour les camionneurs que pour les touristes, mais pas pour les camionneuses, puisqu’il faut passer par les toilettes pour hommes. Avec un peu de culot, ça passe.

La première chose que l’on voit quand on arrive en Angleterre par le ferry : les impressionnantes falaises de craie blanche de Douvres. Je rêvais de les approcher, encore un souhait qui se réalise.

Dernière image de Douvres, puis le ferry et Calais. Je passe par Sangatte, j’y croise de malheureux migrants qui errent dans les rues encerclées de hautes barrières surmontées de barbelés. J’aimerais prendre mon sac à dos et mon chien, et partir en randonnée comme je le fais un peu partout. J’aimerais beaucoup aller à la rencontre des migrants, discuter avec eux. Mais comment serais-je accueillie ? Et des fourgons de CRS postés à tous les coins de rues m’en dissuadent. Je passe donc mon chemin, à regret, il faudra que je revienne. Je ne le sais pas encore mais ce rendez-vous imaginaire aura bien lieu, au mois de mai, grâce à un livre qu’une amie m’aura prêté : « Entre deux mondes » qui me fera découvrir l’association « Care4Calais », mais ça, c’est une autre histoire.


Alors, finalement, j’ai bien fait de partir ?

Bien évidemment ! Quel fabuleux voyage ! J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce pays, pour de multiples raisons.

Tout d’abord la beauté des paysages. Je n’aurais jamais imaginé que la nature serait aussi flamboyante ici. Les verts pâturages vallonnés et agrémentés de bosquets, de haies et de vieux murs en pierres, les forêts anciennes, les sommets enrochés, les longues plages de sable fin, les falaises déchiquetées, sont autant de paysages contrastés sillonnés de chemins très bien entretenus. Un paradis pour la rando ! Les villages, quant à eux, sont très agréables à visiter. Toujours très propres (ici, aucun caca de chien au sol, tous les propriétaires sont très disciplinés), ils regorgent de façades de maisons fleuries, de toits de chaume, de jardinets très bien arrangés, ambiance cottage garantie.

En balade, la faune pointe régulièrement le bout de son nez. Je ne compte plus les écureuils, les chevreuils, les faisans, les lièvres… et je suis aux anges quand j’ai la chance d’apercevoir des tétras, des phoques et des dauphins.

Les gens sont d’une sympathie incroyable. Je n’ai jamais passé un repas seule à ma table sans qu’un voisin n’engage la conversation avec moi ou même m’invite à sa table. En randonnée, tous les marcheurs se saluent et échangent quelques mots, voire partagent un bout de chemin. La palme d’or revient aux Gallois, qui te croisent avec le même sourire que si tu les connaissais de longue date.

Avec le toutou, quel succès. Nombreux sont les passants qui me demandent l’autorisation de le caresser et je ne compte plus les commerçants ou les guichetiers qui m’offrent des biscuits pour chiens ! Dire que ce pays est dog-friendly est un euphémisme… je découvre les glaces et les calendriers de l’avent pour chiens, les restos qui prévoient des couvertures pour le confort de nos amis poilus. Je n’ai aucun regret d’avoir emmené 6A. Elle se régale lors de nos balades, les sens en éveil avec les moutons et les écureuils qu’elle voit un peu partout et elle se fait plein d’amis, me permettant d’engager facilement la conversation avec les gens que nous croisons.

Écrit par Sophie le 02/01/2025


En espérant que ces quelques lignes vous aurons plu.

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3 commentaires sur “Fantastic road trip in the UK (Fr) !

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