Le « plat pays » qu’ils disent !

Il ne fait pas très beau dans les Alpes, les Dolomites sont sous la pluie, le sud de la France est pris d’assaut pour ce long week-end, allons à contre courant du reste des voyageurs et montons vers le nord et la Belgique.

Cela fait un petit moment que nous envisagions de faire un tour en Belgique, mais sans jamais trop réussir à placer ce pays sur notre parcours. Profitant du pont de l’Ascension, nous l’avons choisie comme destination du week-end.

Un ascenseur à bateaux !

La première étape de notre virée : un monument peu commun du canal de la Marne au Rhin, le plan incliné de Saint Louis/Arzviller en Moselle. Il s’agit d’un véritable ascenseur qui permet la montée ou la descente de trois bateaux simultanément. Non seulement les bateaux, mais aussi l’eau qui les entoure.

Ce monstre de béton et d’acier a pour objectif de permettre le transfert des bateaux en les élevant de 44,50 m d’un coup en 4 minutes, évitant ainsi le franchissement de 17 écluses et 11h de navigation supplémentaire. Mis en service en 1969, il sonne la fin de l’échelle d’écluses d’Arzviller dans le vallon appelé la « vallée des éclusiers » qui reste une belle balade à réaliser à pied ou à vélo.

Les deux ados auront également droit à un peu de sensations en s’offrant des descentes plus ou moins folles sur la luge alpine du plan incliné.

Profitant de la soirée, nous nous posons sur le parking du château de Lutzelbourg. Un bel édifice dont les ruines relativement bien conservées permettent un très beau point de vue sur la vallée. Nous ferons également une virée sur le rocher du petit moulin.


Radiator Springs à la frontière allemande !

Avez-vous déjà entendu parler du Colorado Alsacien ? C’est un lieu magique où la roche prend des couleurs incroyables. C’est aussi un lieu de visite très fréquenté avec une balade relativement accessible, qui fait entre 7 et 12 km suivant le parcours choisi.

Le seul problème dans l’énoncé, c’est que le Colorado Alsacien n’est pas en Alsace et encore moins en France. Souvent appelé le Colorado Bitcherland, il se situe proche de Bitch en Moselle, mais de l’autre côté de la frontière allemande sur un lieu-dit appelé l’Altschlossfelsen.

La balade prend départ (côté français) à Roppeviller. Attention : le petit village est un cul de sac avec une seule route y accédant. Les places de parking sont prises d’assaut dès les beaux jours… Notre visite tombe un jour férié de grand soleil, autant dire qu’il y avait plus de monde qu’un jour de soldes dans une boutique de fringues.

Le soir venu, nous reprenons la route en direction de la Belgique avec un beau crochet par l’Allemagne sur les hauteurs de Nohfelden. Un point de vue magique avec un 360° sur les vallons voisins, un observatoire astronomique, une chapelle et des départs de randonnée. Nous nous cacherons entre les arbres pour passer une belle soirée ensoleillée.


Une première frite !

Après une traversée rapide du Luxembourg, notre destination du jour est en Belgique pour découvrir les musées militaires de Bastogne. Mais avant, il est l’heure de passer à table et nous ne pouvons nous empêcher de trouver refuge dans une friterie locale qui trouve comme décor un ancien bus jaune.

Bastogne, pour ceux qui suivent l’actu sportive, vous devez connaitre la grande classique du cyclisme Liege-Bastogne-Liege… Un des cinq monuments de la petite reine. Il s’agit également de la plus ancienne des classiques du cyclisme avec une première édition en 1892. Mais Bastogne fut aussi au centre de la bataille des Ardennes pendant l’hiver 1944-1945 avec un siège allemand qui dura plusieurs jours. Il en reste de nombreux monuments et pas mal de musées.

Le choix du musée à visiter n’est pas simple… les envies divergent. Les filles iront faire une visite immersive avec des scénettes reconstituées dans le Bastogne War Rooms, les garçons, quant à eux, iront admirer une grosse collection d’engins de la seconde guerre mondiale au Bastogne Barracks.

En poursuivant le périple, les roues d’Arno nous emmènent devant les portes d’un château médiéval de Lavaux Saint Anne, dont les première pierres remontent à 1244. La visite est possible avec des animaux, formidable, nous y irons avec chien et enfants…

La visite est plaisante, de nombreuses pièces y sont reconstituées telles qu’habitées à l’époque.

Après ce saut dans le passé et avec la chaleur du moment, il y a comme une envie de glaces qui flotte dans le van. Quelques recherches faites sur l’internet mondial et nous voici suivant les indications de notre GPS en direction d’un potentiel artisan glacier, un peu perdu, dans un tout petit village (un peu perdu aussi). C’est avec une surprise non négligeable que nous tombons au bout de la rue, nez à nez avec un distributeur automatique de glaces artisanales. Le laboratoire de fabrication se situe juste derrière dans une belle maison.

Nous découvrons donc Le Chaudron d’Uchy et la fabrique de glaces artisanales que nous nous empressons de déguster au pied de l’église du hameau de Martouzin.

La fin de soirée se fera dans les champs sur les hauteurs de Dinant sur un petit emplacement prisé des vanlifers et des grimpeurs, nous y serons 4 vans et deux toutous.


Une via de géants !

Nous ne pouvions passer à côté de l’occasion d’essayer une via ferrata en Belgique. Sur notre parcours se trouvent Dinant et les gorges de la Lesse, qui proposent un petit parcours pas long et plutôt facile. Il n’en fallait pas plus pour nous y rendre.

Une vidéo complète est également disponible sur notre chaine dédiée à la pratique de la via.

Il est déjà temps de penser à manger, nous prenons la route de Dinant avec pour objectif de se garer au sommet de la citadelle fortifiée et de descendre les 450 marches en direction du centre ville et de la Meuse qui coule au fond du vallon.

Première désillusion : si le parking de la citadelle est bien gratuit, l’accès au cheminement qui descend en ville est intégré dans la visite de la citadelle est reste payant. Nous ferons demi-tour sans demander notre reste pour descendre en voiture et finir le bout de balade à pied. Deuxième désillusion : c’est jour d’affluence à Dinant en raison d’une parade typique de géants, des figurines de près de 5 mètres de haut qui déambulent dans les rues. Il faudra un peu de temps pour réussir à se garer et à prendre la direction du centre ville à pied.

Fidèles à notre habitude, nous nous sommes référés à l’internet mondial pour trouver les meilleures frites de la ville. Sophie nous trouve rapidement une adresse avec terrasse au bord de la Meuse. Problème : il y a déjà beaucoup de monde, les géants attirent, la terrasse est modeste… nous attendrons un moment avant de pouvoir nous assoir à l’une des tables de La Gourmandine.

L’attente a été récompensée, les frites étaient vraiment extras, nous profiterons encore un peu de ce cadre agréable au bord de l’eau.

Un si bon repas méritait bien une glace au soleil. Nouvelle désillusion : le meilleur glacier de la ville est pris d’assaut. Nous ne voulons plus attendre plus et reprenons la route en quête d’un nouvel artisan glacier quelque-part dans la campagne ardennaise.

C’est sur la route de Verdun que notre salut glacier arrive avec la découverte du Comptoir d’Honoré à Virton, une petite pâtisserie glacier qui propose des produits goûtus, y compris les glaces. Nous en profiterons sous le soleil de ce centre ville.

Ce soir à nouveau, nous garerons le van en pleine nature, entre les champs à la limite de la frontière française, à quelques centaines de mètres du point le plus méridional de la Belgique, c’est à dire le lieu le plus au sud de la Belgique.


Chemin de mémoire

Ce périple ardennais et belge ne pouvait se clôturer sans une visite des vestiges de la guerre 14-18 qui ont fortement marqué les Ardennes. Sophie avait souvenir relativement marquant de l’ossuaire de Douaumont qu’elle avait visité étant plus jeune, nous voulions proposer ce petit travail de mémoire également à nos deux ados.

Nous voici en route pour la colline de Fleury-Douaumont, lieu central de la bataille de Verdun encore fortement marqué par cette atroce période du premier conflit mondial.

La visite débute par l’ossuaire de Douaumont et la nécropole attenante. L’ossuaire est payant, mais le bâtiment laisse transparaitre au travers de quelques fenêtres des ossements entassés. Il rassemble les restes de 130 000 soldats inconnus allemands et français. La nécropole est en visite libre, elle est constituée de près de 16 000 tombes.

Un peu plus loin, nous empruntons un sentier de forêt menant à la tranchée des baïonnettes. Il s’agit d’une sépulture bien insolite où restent enterrés 7 militaires inconnus. Lors des fouilles de cette tranchée en 1920, ce sont en réalité 21 corps qui ont été découverts. La légende raconte qu’il s’agissait d’une compagnie ensevelie vivante suite à un bombardement, ne laissant dépasser hors de terre que les pointes des baïonnettes… En réalité, il s’agissait de tombes collectives où les fusillés étaient volontairement enterrés partiellement pour marquer la présence de corps.

Nous pousserons également la visite sur les restes de l’ancien village de Douaumont, l’un des 12 villages entièrement détruits par les bombardements intensifs. Il n’en reste qu’une série de creux et de bosses en terre, là où s’élevaient à une autre époque des maisons, des commerces, une église, des fontaines… la vie.

Ce moment chargé d’histoire nous rappelle que la paix est un bien précieux et qu’il faut à tout pris la préserver.

Il est déjà temps de prendre la route en direction de notre Haute-Saône, les enfants nous mettent un peu la pression pour ne pas rentrer trop tardivement en cette veille de reprise scolaire, mais le soleil au rendez vous de notre week-end ne nous incite pas à nous presser. Nous ferons une dernière halte sur les bords du lac de Madine, un plan d’eau artificiel à cheval entre la Moselle et la Meurthe et Moselle.

L’endroit est calme, la vue est belle, la pause repas n’en aura que plus de saveur…

Toutes les bonnes choses ont une…

Nous voici de retour à la maison. Ce week-end rallongé de cinq jours (et quelques 1200 km) nous aura semblé long comme dix jours de congés. Les visites étaient nombreuses et les points de chute vraiment agréables. Ce petit passage en Ardennes et en Belgique nous laisse un franc goût de « reviens-y ». Nous ne savons pas encore quand et comment, mais il semble évident que nous retournerons au plat pays un jour.


Infos utiles

Lien vers le site Vosges-Tourisme et de l’Office du tourisme du Pays de Bitch pour avoir plus d’informations sur le Colorado du Bitcherland.

Lien vers le site internet du plan incliné et de l’Office du tourisme de Phalsbourg pour organiser votre séjour sur place.

Lien vers le Bastogne War Museum qui regroupe des informations sur les différents lieux de visite et d’exposition.

Lien vers le site du château de Lavaux Saint Anne.

Lien vers la page Facebook du traiteur/glacier Le Chaudron d’Uchy.

Lien vers le site internet de La citadelle de Dinant.

Lien vers le restaurant La Gourmandine.

Lien vers la page Facebook du Comptoir d’Honoré.

Lien vers l’ossuaire de Douaumont.


Écrit par Lilian le 18/05/2024


En espérant que ces quelques lignes vous aurons plu.

Ne pas hésiter à Commenter et à Partager

Abonnez-vous à ArnO pour suivre nos aventures !

Retrouvez-nous aussi sur les réseaux Linktr-Arnovoyages


Cet article ne comporte pas de placement de produit ou de pub déguisée. Le matériel mis en avant a été acheté. Les produits ou marques que nous citons le sont à titre d’exemple. Les photos publiées sont le fruit de nos prises de vue. Certaines photos d’illustration peuvent provenir d’internet et leurs auteurs sont identifiés dans la mesure du possible. Si une photo vous appartenant s’y trouverait sans mention vous désignant, merci de nous le signaler.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.